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SI TU VEUX DEVENIR ARBITRE - A MEDITER !

Les motivations de l’arbitre

par Christophe Bruguier

 

Pourquoi devient-on arbitre ? Qu’est-ce qui pousse certains à mettre le sifflet dans la bouche et à affronter chaque semaine, joueurs, entraîneurs et spectateurs ? On qualifie parfois les arbitres de…masochistes (c’est à dire des individus aimant ou recherchant la souffrance), d’inconscients ou même d’êtres anormaux ! On ne comprend pas pourquoi ils persévèrent et s’obstinent à poursuivre leur activité, chaque week-end, faisant fi des critiques, des difficultés et des risques dont ils sont l’objet.

 

Dans ce qui suit, nous allons essayer d’analyser quelques unes des raisons qui poussent certains à devenir des arbitres et…à le rester.

1 – L’Arbitre et le Sport

 

L’arbitre est avant tout UN SPORTIF et UN ATHLETE, dans son corps et dans son esprit. C’est souvent un individu qui a pratiqué son Sport, en tant que joueur, durant quelques années. La plupart du temps, il ne s’agirait pas d’un joueur d’une grande valeur technique. C’est souvent un athlète de niveau moyen. L’arbitrage sera donc pour lui une manière de s’exprimer, de s’affirmer, de se sentir utile pour le Sport qu’il aime. C’est aussi, en quelque sorte, la continuation de sa carrière sportive, le deuxième acte au cours duquel il continuera à être actif, à participer aux compétitions, à s’entraîner, à retrouver des sensations, à rendre service à son Sport favori…

 

S’il est vraiment ambitieux, il travaillera sérieusement pour monter dans la hiérarchie de l’arbitrage et il essaiera de devenir arbitre international, rêve qu’il n’a peut-être pas pu réaliser lorsqu’il était joueur !

2 – L’Arbitre et l’Amitié

 

« Celui qui dit qu’il ne croit pas à l’amitié, ou qu’il n’a point d’amis est banni » , ainsi s’exprimait Saint-Just, homme politique français du 18ème siècle. Mais, de nos jours, parler de (véritable) amitié dans le Sport serait presque une utopie. En effet et sans faire preuve de pessimisme, nous pouvons dire que le Monde vit aujourd’hui une époque caractérisée par la recrudescence de l’égoïsme et du chacun pour soi et où la violence fait partie de notre quotidien, amplifiée par les médias ! Heureusement qu’il y a encore le Sport et nul n’ignore les échanges et les relations interindividuelles qu’il favorise. Ceci concerne aussi l’arbitre car son activité lui offre plusieurs occasions pour se faire de nouveaux amis (tout en cherchant à avoir le moins d’ennemis possibles…) parfois un peu partout dans le monde (si on est arbitre international), connaître plein de gens (d’autres arbitres, mais également des entraîneurs, des joueurs, des dirigeants, des journalistes, voire même…de simples spectateurs). Rien n’est donc aussi exaltant que d’être salué ou amicalement interpellé ou reconnu dans la rue par des personnes appartenant à la grande famille du Sport. C’est en quelque sorte la plus belle reconnaissance qu’un arbitre peut attendre de la part des autres acteurs de son Sport ! Les relations humaines constitueront ainsi sa principale richesse et il se rendra compte par la suite à quel point cela lui sera utile dans sa vie personnelle et sociale.

3 – L’Arbitre et la Justice

 

Roger Martin du Gard, écrivain français disait : « Il n’y a pas d’ordre véritable sans la justice ». Arbitrer, c’est vouloir et aimer être juste. C’est également tendre vers une sorte de perfection dans le jugement, l’équité et l’intégrité. Bien sûr, seul Dieu est parfait, mais si quelqu’un décide un jour de faire carrière dans l’arbitrage, c’est vraisemblablement parce qu’il est animé de cette « force intérieure » qui le pousse à rendre à chacun ce qui lui est dû, ce qui lui appartient, ce qui lui revient de droit ; autrement dit que le meilleur gagne sans tenir compte d’aucune pression ou influence extérieure, en restant NEUTRE, IMPARTIAL et INDEPENDANT en toutes circonstances. Pour lui, la Loi et le Règlement sont au dessus de Tout et de Tous et il veillera à les appliquer sans la moindre complaisance envers quiconque. Car, aujourd’hui, il y a trop d’injustices sur la Terre pour que l’arbitre, à sa manière et avec les modestes moyens dont il dispose, ne cherche à donner à sa fonction une auréole de DROITURE, de LOYAUTE et de NOBLESSE. Robert BUSNEL disait dans son « Livre des Prières » : « Toutes proportions gardées, ta fonction est la plus noble de toutes les activités humaines, car elle représente la Justice et la Vérité ». Et nous sommes convaincus que toute la philosophie de l’arbitrage se trouve résumée dans cette expression !

 

4 – L’Arbitre, l’Autorité et le Pouvoir

 

« L’arbitre est trop souvent un individu qui vient sur un terrain de sport manifester une autorité qu’il n’a ni chez lui, ni dans la vie » disait Robert BUSNEL dans son fameux « Livre des Prières ».

 

S’agit-il donc pour l’arbitre d’affirmer, durant le match, une autorité et un pouvoir refoulés qu’il n’est pas capable, pour des raisons diverses, d’exprimer chez lui avec sa femme et ses enfants, dans sa vie professionnelle vis-à-vis de ses collègues et de son patron ou dans la rue, avec les autres ? Si la réponse est « oui », alors son comportement et ses attitudes sur le terrain risqueront d’être celles d’un dictateur ou d’un agent de police chargé de réprimer une émeute ! Son autorité sera donc empreinte de rigidité et engendrera inévitablement des conflits. C’est ce qu’on appelle l’autoritarisme, défaut majeur de certains arbitres.

 

Que l’arbitre oublie donc, le temps d’un match, ses problèmes familiaux ou professionnels et qu’il ne fasse pas de parallèle entre sa vie privée et son activité sportive. Qu’il sache aussi que s’imposer sur le terrain n’est pas forcément l’expression d’un rapport de forces et qu’il peut être autoritaire tout en étant respecté, aimé et apprécié pour sa compétence et ses qualités. L’autorité souriante sera tributaire d’une attitude sereine, amicale et humaine mais FERME, JUSTE et SANS LA MOINDRE COMPLAISANCE. C’est en quelque sorte « une main de fer dans un gant de velours » et c’est ce qu’on appelle LA FORCE TRANQUILLE.

 

Ainsi donc, l’arbitre sur le terrain, se trouve en interaction avec des êtres humains et il contribue à leur formation et à leur épanouissement. C’est un peu leur AMI et leur GUIDE, celui qui complète le travail de l’entraîneur. Qu’il leur fasse savoir qu’il est là pour appliquer le REGLEMENT DE JEU, avec psychologie certes mais aussi avec SERIEUX et RIGUEUR, tout en se rappelant les paroles de Saint-John PERSE : « La démocratie, plus que tout autre régime, exige l’exercice de l’autorité » et du philosophe Alain : « Tout pouvoir sans contrôle rend fou ».

5 – L’Arbitre et la Vocation

 

Du mot « vocation », le dictionnaire nous donne la définition suivante : « Mouvement intérieur par lequel on se sent appelé par Dieu. Inclination, penchant (pour une profession, un état), attirance, disposition, goût, mission, objectif, but, destination, raison d’être, rôle, tâche, fonction ». Louis JOUVET, acteur de cinéma, ajoute : « Une vocation est un miracle qu’il faut faire avec soi-même ». Cette définition, à elle seule, nous indique à quel point arbitrage et vocation sont liés. On aime ou on n’aime pas être arbitre ! Et si on aime vraiment, on est prêt à tous les sacrifices pour satisfaire sa PASSION !

 

L’arbitre a donc besoin d’un potentiel de motivation constamment renouvelé (préparation minutieuse des rencontres…dix mois dans l’année, entraînements continus…). S’il veut réussir sa carrière et la prolonger le plus longtemps possible, son ENTHOUSIASME doit demeurer intact. Qu’il sache aussi que l’arbitrage n’est pas éternel et que sa retraite viendra un jour, lorsque le plaisir (et ses jambes !) ne seront plus au rendez-vous !